La contraola 3: De battre mon coeur s´est arrété de Jacques Audiard

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On dirait de prime abord un blockbuster américain pour adolescents attardés. Un héros paumé, bad boy beau gosse en mal de vivre, s´engueule avec son père, se tape la copine de son meilleur pote et passe sa colère sur les autres. Ce petit con qui sait tout sur tout est Tom, interprété par Romain Duris, ex-idole de la génération Péril jeune. Les ingrédients de la crise pré pubère sont réunis, il ne manquerait plus que l´expulsion du collage. Sauf que là, notre héros trentenaire a dépassé l´age bête et bosse dans l´immobilier. Marchand de biens: déjeuners bizness, promesses de ventes, RDV chez le notaires, l´affaire est dans le sac. Mais c´est plutôt des rats qu´il fout dans les sacs le Tom. Ils virent les squatteurs de ses immeubles en y lâchant les rongeurs la nuit. Le tout agrémenté de coup de batte de Baseball. Le temps des occupations illégales dans l´immobilier est révolu. Lui et ses potes sont de vulgaires crapules  qui se négocient la misère du monde dans une partie de monopoly ensanglantée. Le paternel lui-même est de la partie. Tel père, tel fils, la succession semble assurée.

 

Et pourtant, au lieu d´aller aux putes et de prendre de la coke comme ses amis, Tom déprime, se dégoutte et tape sa crise.  Besoin de passer à autre chose. Alors il arrête d´écouter de la musique électro sur son I pod parce que ça l´énerve. C´est le classique qui maintenant l´apaise. Il se remet au piano, comme quand il était petit. Retour à l´enfance, au bonheur. Le paradis perdu. Les cours de piano vont devenir sa bouffée d´oxygène, sa bouée de sauvetage, son havre de paix. Mais là, c´est le spectateur qui en pâtit. Car Tom est plus agile de ses deux poings que de ses dix doigts. Il n´est pas nécessaire d´avoir l´oreille musicale pour comprendre que le bonhomme n´est pas doué. La Toccata de Bach en mi mineur en souffre encore.

 

Le morceau sur lequel Tom s´entraîne est celui de la fugue. Symbolique. Le jeune adulte fugue dans son passé d´ado. Il regarde en arrière, fait un premier bilan loin d´être brillant. La remise en question est une question de jours, ceux qu´Audiard nous fait voir un peu à la manière de ceux que Dostoievky nous racontait pour Raskalnikov. Un autre homme nous apparaît progressivement, sur le chemin de la rédemption. La mort de son père sera le déclic. Puis on l´aidera. Le regard d´une femme qui l´aime à la fin du film en est la preuve. Ce regard, comme une magnifique preuve d´amour, c´est cette touche de douceur dont on avait tant besoin dans ce film de brutes. C´est cette note de musique dans le cœur de Tom dont il avait tant besoin pour faire danser sa vie.

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